lundi 3 mai 2010

Un prophète, de Jacques Audiard 9/10

Cabossé, hirsute et hagard, Malik est envoyé en prison à 19 ans. Sans famille et illettré, il n’a aucun projet d’avenir pour sa sortie de prison prévue dans six ans. D’abord chahuté par le gang des corses qui le prend sous son aile après lui avoir fait passer un bizutage pour le moins sanglant, il prend peu à peu ses marques. Il comprend les rouages d’une administration pénitentiaire sous le joug de ces mêmes corses qui se retrouvent derrière les barreaux. Le système est pourri et s’il veut sauver sa peau, Malik ne doit pas hésiter à retourner sa veste ... Il entreprend alors de s’instruire et de nouer des contacts avec l’extérieur pour mettre en place son propre business…

Oui vous me direz que j’arrive en retard à parler de ce film sorti l’été dernier et césarisé à gogo mais bon je l’avais loupé en salle alors je me rattrape maintenant.

En tout cas je ne suis pas déçue par ce film qui parvient à nous tenir en haleine malgré un rythme lent et un décor quasi unique, celui du milieu carcéral. L’acteur, Tahar Rahim est vraiment convaincant dans ce rôle de jeune paumé qui passe du statut de délinquant à celui de boss de la prison, protégé par ses sbires. Niels Arestrup qui a rarement des rôles lisses se glisse ici dans une seconde peau avec ce rôle de patron corse qui tire les ficelles de l’administration jusqu’à ce qu’il se frotte à plus malin que lui. Une sorte de rite d’initiation pour Malik ce génial opportuniste qui devient un homme pendant ses années de prison... la caméra s’insinue dans les parloirs, les douches, la cour, les cellules et le bureau du directeur de la prison pour nous montrer sans détour la vie d’une prison avec son lot quotidien de violence. C’est bien fait, bien interprété, bien écrit et bien mené, bref ce film mérite amplement toutes ses récompenses.

A voir mais certaines scènes sont un peu trashs, prévoir de poser son regard délicat sur le plafond de temps à autre.

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