mercredi 7 avril 2010

Tête de turc, de Pascal Elbé 7,5/10

Dans une banlieue où résonnent souvent les sirènes de la police, un médecin urgentiste (Pascal Elbé, acteur et réalisateur) regagne sa voiture pour répondre à un nouvel appel. A ce moment là, des jeunes désœuvrés décident de tromper leur ennui et s’en prennent au véhicule… jet de pierres, de téléviseur puis le jeune Atom, pris par le jeu, balance un cocktail molotov. Mais Atom n’est pas un mauvais bougre alors pris de remords, il sauve le médecin des flammes et appelle les secours avant de disparaître…


L’état décide de décorer le sauveur et on retrouve Atom, mais tout le monde ignore qu’il est aussi le principal coupable recherché par la police. Tiraillé entre l’envie de tout avouer et le désir de rendre sa mère fier de lui en recevant la médaille, il oscille entre deux eaux. Il a pourtant tout d’un bon petit gars, avec sa bonne bouille et la tendresse qu’il porte à son petit frère… mais comme d’autres surement avant lui, il s’est fait surprendre par l’effet de groupe. ..


Voila un film qui traite de la banlieue qui flambe avec un point de vue original et intéressant. Comme le médecin qui est victime de l’agression, on en vient à excuser le coupable… car on se rend vite compte que le coupable ce n’est pas tant Atom qui est un gentil petit gars sensible, que le ghetto dans lequel il vit, où il doit toujours apporter  la preuve qu’il est légitime avec les incessants contrôles de papiers. Ce n’est pas une raison non plus pour caillasser, mais on voit bien que la cible choisie est un symbole de l’état, même s’ils s’en prennent à tort au médecin qui vient aider le gens et non à ceux qui  les balancent en garde à vue. Un film où les bons deviennent parfois violents, où les supposés mauvais sont capables du meilleur, un film sur l’humain et la quête d’identité en fin de compte…


Une belle histoire habilement menée et interprété par de bons acteurs, de Pascal Elbé à Roschdy Zem en passant par Ronit Elkabetz et Simon Abkarianoù s’entrecroisent aussi d’autres intrigues parallèles mettant en scène des personnages blessés par la vie. En revanche, je n’ai pas ressenti ce petit plus qui fait la différence…

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