mardi 23 mars 2010

Sukkwan island, de David Vann 8/10

Roy a douze ans lorsqu’il décide d’accompagner son père sur une île perdue du sud de l’Alaska. Pendant un an, ils vivront seuls à la façon des trappeurs, de chasse et de pêche, à l’abri d’une cabane en bois achetée par son père Jim. Rapidement, Roy regrette sa décision mais il résiste aux difficultés physiques et supporte les débordements de son père… un père qu’il découvre encore plus fragile qu’il ne le pensait. Les rôles vont bientôt s’inverser et la tension va s’intensifier jusqu’au drame…

En lisant ces pages intenses et épurées, on retrouve les thèmes chers à Nicolas Vanier dans "L'enfant des neiges" (très beau)avec ce retour à la nature, cette vie qui consiste à vivre en harmonie avec les éléments mais aussi à se protéger d’eux, à adopter la vie des trappeurs pour mieux lier les membres d’une famille. Mais on retrouve surtout l’angoisse de « La route » (je n'ai pas aimé mais ça a été salué par la presse et l'auteur a reçu le prix Pulitzer avec ce titre qui a récemment été adapté au cinéma)  de Cormac McCarthy où un père et son fils affamés, frigorifiés et menacés de toutes parts survivent sur une terre dépeuplée à la suite d’une grande catastrophe. Les deux personnages de « Sukkwan Island » sont menacés non seulement par les éléments, mais surtout par leur propre relation qui se morcelle au fil du temps… plus le père se montre défaillant, plus le fils se sent en devoir de le protéger et d’encaisser ses angoisses. Ce voyage qui devait ressouder les liens du père et du fils et qui promettait un nouveau départ, se révèlera tout autre… la montée en puissance nous scotche, on dévore les pages en attendant le tournant de l’histoire, on continue pour mieux comprendre, on termine ce roman un peu écœurés mais surtout bouleversés… 
 
Un bon roman à ne pas mettre entre toutes les mains… attention aux âmes sensibles…

Merci à clairette pour cette suggestion !

1 commentaire:

  1. Effectivement attention aux âmes sensibles car la tension est toujours là, sournoise, à guetter. Malgré tout c'est un voyage qui m'a emporté, mais G,quant à lui, n'est pas monté ds le train. Tanpis pour lui !

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