dimanche 28 mars 2010

Elle s’appelait Sarah, de Tatiana de Rosnay 7/10

Juillet 1942, à Paris. Sarah et sa famille font partie des victimes de la rafle du vél d’hiv. Juste avant que les policiers français ne les embarquent, elle cache avec courage son petit frère dans un placard dissimulé, convaincue qu’elle reviendra vite le chercher. Rapidement, ses parents ne peuvent plus la protéger de la réalité et elle comprend qu’elle ne rentrera pas chez elle. En plus des conditions dégradantes de détention et de l’ignorance dans laquelle tous sont plongés quand à la suite des événements , elle est torturée par la peur d’avoir condamné son petit frère à mourir de faim. Elle est prête à tout pour le délivrer…

Mai 2002, à Paris. Julia, belle américaine de quarante ans, travaille pour un magazine destiné à ses compatriotes exilés en France. Son quotidien va être chamboulé par un sujet que son rédacteur en chef lui confie : une rétrospective sur la rafle du vél d’hiv dont elle ignorait l’existence. A force d’interviewer des témoins et de recouper des témoignages, elle comprend que le destin d’une jeune juive déportée est étroitement lié à celui de sa belle-famille…

Le sujet du livre est le même que celui du film "la rafle"dont j’ai parlé il y a peu, avec d’ailleurs de nombreuses anecdotes similaires concernant les humiliations infligées aux familles déportées . Mais dans ce roman, le passé va venir chambouler la vie des protagonistes… Le sujet est fort, on revient là encore sur l’entière responsabilité de la police française dans ces rafles et sur l’éclatement des familles, on constate également l’ignorance d’une majorité des français sur les événements, les plus jeunes bien sûr, mais aussi les plus anciens qui préfèrent ne pas savoir. En parallèle, la découverte au fil des pages d’un lourd secret de famille nous tient en haleine jusqu’au bout. 

Cependant, la construction des premières pages est parfois un peu artificielle et le prétexte du reportage journalistique donne lieu à des cours d’histoire maladroitement distillés au fil des conversations. Avec par exemple des personnages qui se mettent à parler au passé-simple pour rappeler les faits historiques, ça sonne un peu faux… Mais une fois que le décor est planté et que l’on comprend mieux le lien entre les deux destins, l’écriture devient plus fluide et l’intrigue nous fait oublier les maladresses de construction. Et là, à l’instar du film, le sujet prend le pas sur la forme et nous entraîne avec force jusqu’au dénouement. 

Un livre à lire pour ne pas oublier, et à conseiller aux plus jeunes. 

Merci à Madame B de Paris XIV pour cette suggestion de lecture !

2 commentaires:

  1. Bonjour, ici Madame B de Paris XIV, votre analyse est très fine, comme d'habitude.
    A bientôt !

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  2. Oh madame B vous vous êtes reconnue, je pensais pourtant avoir préservé votre anonymat !!! promis si on fait une émission tv sur le sujet, la production vous offrira une perruque et une moustache postiche...

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