mercredi 10 février 2010

Vipère au poing, de Philippe de Broca

Jean-alias Vipère au poing-, est élevé avec son frère aîné par sa grand-mère adorée dans la demeure familiale « La belle angerie ».Le jour du décès de la vieille femme sonne le glas de leur vie insouciante et légère. Leurs parents rentrent d’Indochine pour regagner le giron familial et les deux garçons font la rencontre de leur mère qu’ils n’ont pas revue depuis 7 ans. Ils l’imaginent douce, tendre et belle… c’est une femme hautaine, sèche et aux yeux de vipère qui va sortir du train, suivie de près par un époux gentil mais trop docile et leur petit frère Marcel dont ils ignoraient l’existence.

De nouvelles règles vont alors être instaurées dans la demeure, et tous les instants de répit et de plaisir ne sont plus que de lointains souvenirs. Leur mère, qu’ils surnommeront bientôt Folcoche –mi-folle mi-cochonne- est  la fois méchante, autoritaire, sadique, manipulatrice mais aussi très intelligente… Jean, alié de ses deux frères,  déclare alors la guerre ouverte et dresse un plan destiné à faire disparaître à jamais son ennemie jurée.

Inspiré du superbe roman a priori auto-biographique (il serait revenu sur la réalité de son contenu)d’Hervé Bazin publié en 1948, ce film en reprend fidèlement le contenu dont certains passages sont lus par le narrateur. On passe un moment agréable malgré la dureté du propos  qui parle de la violence d’une mère sur ses enfants. Une mère qui rejette ses enfants à cause des blessures de son enfance que le jeune Vipère au poing réussira à mettre à jour. Un film aussi sur l’enfance, sa fantaisie, sa naïveté mais aussi sa lucidité et sa violence parfois qui mène à la tentative de meurtre même si tout cela est filmé avec tendresse. Catherine Frot adopte un masque terrifiant et est parfaite dans ce rôle de bourreau et Jacques Villeret incarne avec justesse l’époux docile et impuissant.

Une interprétation fidèle du roman,  à regarder avec des enfants … ou pas.

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