vendredi 19 février 2010

Ibicus, de Pascal Rabaté, éditions Vents d'ouest 7/10

1917, St Pétersbourg, à l’aube de la révolution blochévique. Le conte Nevzorov, petit comptable maussade à la vie étriquée, voit ses ambitions grandir le jour où une tsigane lui prédit un avenir où l’argent ne sera plus un problème. Ce grand échassier va poursuivre ce rêve de fortune qui devient son but ultime et lui permet de se relever sans cesse des déboires qu’il essuie. Dans ce contexte historique chaotique, où la ville est à feu et à sang, il deviendra tour à tour gérant de salle de jeu, cocaïnomane, maquereau, agent double et n’hésitera jamais à se servir des gens pour arriver à ses fins. 

Le contexte historique est parfois un peu compliqué à suivre pour ceux qui n’auraient pas tout le déroulement des faits en tête, mais ce n’est finalement pas là l’essentiel dans cette épopée. L’intérêt de l’histoire se trouve plutôt dans les nombreuses vies que mène le protagoniste que j’aurais du mal à désigner comme un héros car il est mesquin, opportuniste et médiocre et en même temps tellement humain. Il cherche juste à sauver sa peau et à trouver le bon filon pour faire fortune…

Les dessins, tout en noir et blanc, sont hallucinants, on dirait de véritables tableaux. L’ aspect général est un peu flou ce qui confère une dimension assez onirique, mais si on s’attarde devant chaque case, on note la précision de la technique et on constate que chaque trait, chaque ombre a un rôle bien précis. La technique utilisée est le lavis, à mi-chemin entre le dessin et la peinture, qui offre une multitude de nuances malgré un rendu en noir et blanc. 

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