mardi 16 février 2010

Ce que le jour doit à la nuit, de Yasmina Khadra 9/10

1930 en Algérie. Des flammes qui ravagent une récolte inespérée, un patriarche impuissant qui ravale ses larmes, une famille contrainte d’abandonner les terres de leurs ancêtres, et voila la famille de Younes qui débarque à Oran pour repartir à zéro. Le jeune garçon assiste au combat acharné mené par son père pour délivrer sa famille du quartier coupe-gorge où ils ont trouvé un toit. Mais le mauvais œil s’acharne sur eux et Younes est finalement confié à son oncle pharmacien qui côtoie l’intelligentsia algérienne. Adopté par ce nouveau père algérien musulman et sa femme Germaine qui est française et catholique, le jeune Younes s’appelle désormais Jonas et oscille entre deux cultures… A l’adolescence du garçon, le trio s’installe à Rio Salado, une ville paisible et chaleureuse entourée de vignes.  Younes vit ses plus belles années au milieu d’une communauté pied-noire, forge des amitiés indéfectibles (ou presque) et vit ses premières amours jusqu’à l’arrivée d’une magnifique jeune-fille qui va semer le trouble parmi la bande de copains et jouer un rôle de leurs destins individuels… Bientôt la tension monte à Oran entre les algériens nationalistes et les étrangers installés dans le pays depuis plusieurs générations. La terreur se répand, les coups de feu résonnent et les victimes se multiplient, obligeant certaines familles à fuir le pays. Jonas –ou bien est-ce Younes- saura-t-il prendre partie ?

C’est un très beau roman, très bien écrit, très intense et qu’on a du mal à quitter…  Un roman avec pour toile de fond la guerre d’indépendance en Algérie, qui nous fait réviser notre histoire. Yasmina Khadra ne juge pas, ne prend pas partie, il décrit avec beaucoup de recul et d’humanisme les réactions et prises de positions de ses personnages (français, italiens ou algériens, juifs, catholiques ou musulmans, )confrontés à une situation extrême.

Pour la petite histoire, Yasmina Khadra est un auteur algérien qui vit désormais en France à Aix-en-Provence, décor des dernières pages du roman. Il a choisi de prendre le nom de son épouse pour pseudonyme afin de s’éviter une sorte d’auto-censure qu’il avait constatée dans ses premiers écrits. On dit aussi qu’il a choisi un prénom féminin en hommage à toutes les femmes.

Pour ma part j’ai lu aussi les très beaux et émouvants « Attentat » et « Les hirondelles de Kaboul » que je vous conseille également.

A lire, à offrir, à prêter, à relire.

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