mercredi 3 février 2010

Brothers, de Jim Shéridan

L’histoire rappelle beaucoup celle du blockbuster « Aviators »mais c’est beaucoup mieux que ça… un jeune soldat prêt à tout pour servir sa patrie (l’Amérique of course), laisse sa femme et ses deux filles derrière lui pour s’acquitter de son devoir en Afghanistan. Un tir de missile, un crash en hélicoptère, deux officiers en uniforme chargés d’annoncer la mauvaise nouvelle, une jeune veuve dévastée par la nouvelle et deux petites orphelines de père… Les faits s’enchaînent rapidement mais sûrement. Le jeune frère du soldat, tout juste sorti de prison et considéré comme le raté de la famille, va s’attacher à ses petites nièces et redécouvrir sa belle-sœur ; avec elles, il retrouver l’envie de filer droit et le quatuor gagne en complicité et en affection au fil des jours… un soir, ça dérape légèrement et ces deux blessés de la vie échangent un baiser passionné mais vite stoppé par leur mauvaise conscience. Pendant ce temps, le soldat qui a survécu à l’accident d’hélicoptère découvre l’enfer dans un camp où il est retenu prisonnier, torturé, affamé… Libéré plusieurs mois plus tard par ses compatriotes, il rentre au bercail où il flaire l’entourloupe entre sa femme et son frère… traumatisé par ce qu’il a vécu et ce qu’on l’a forcé à faire, il pète littéralement les plombs et ne supporte plus le poids de sa culpabilité…

Le fil rouge du film est un peu déjà vu, mais abordé sous un autre angle. Il s’agit moins ici de focaliser sur une histoire d’amour interdite que sur la difficulté pour un survivant de reprendre sa vie là où il l’avait laissée. Alors que le temps s’est arrêté pour lui au long de sa captivité, sa femme tente de continuer à vivre et à retrouver le goût de la vie comme elle le peut. Et son retour, bien qu’attendu et espéré, perturbe le cours de choses. Et puis il y a la douleur de celui qui a souffert seul, la douleur de taire l’innommable et la culpabilité de ses actes, même s’ils étaient guidés par l’instinct de survie et la volonté de retrouver sa famille.

N’ayez crainte, je ne vous en ai pas trop dit car si vous avez vu la bande-annonce vous connaissez déjà à peu près le déroulement du film. Le trio d’acteurs est vraiment bon, avec la très jolie Nathalie Portman et les excellents Tobey Maguire et Jake Gyllenhaal mais aussi les deux actrices en herbe qui jouent le rôle des filles et qui sont juste époustouflantes. C’est prenant, parfois un peu dur mais assez bien vu et assez pudique car le réalisateur ne s’attarde jamais sur les scènes à fort potentiel larmoyant. Sur le coup j’ai été un peu coupée dans mon élan à la fin du film qui s’arrête assez brutalement mais avec le recul je pense que c’est la meilleure façon de conclure en restant sur le mode de la pudeur et de la sobriété.

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