lundi 25 janvier 2010

Mauvaise fille, de Justine Lévy, éditions Stock 7/10


On a vu pas mal d’interviews de Justine Lévy dans la presse ces derniers temps pour la promo de son dernier roman « Mauvaise fille ». Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, elle est la fille de notre BHL national et d’une mannequin qui avait visiblement pas mal le nez dans la poudre.

Justine Lévy règle ses comptes avec sa mère mais surtout avec elle-même. Derrière son personnage principal Louise, c’est en fait sa propre culpabilité qu’elle révèle. Culpabilité de devenir mère au moment où sa mère est en train de mourir. Culpabilité donc de remplacer la vie de sa mère par celle de sa fille. Culpabilité de devenir une mauvaise mère. Vous l’aurez compris, ce roman est une sorte de défouloir à l’instar de son roman « Rien de grave »qui avait fait couler pas mal d’encre et dans lequel elle racontait sa rupture avec son ex amant.

Ici, on découvre un auteur qui décrit sans fard les stigmates de la maladie sur sa propre mère. Un corps rongé par le cancer, la perte de cheveux, le sein manquant, l’odeur de la maladie… mais qui ne s’épargne pas non plus, avec ses doutes et ses angoisses sur son rôle de fille et son futur rôle de mère. On imagine que ça n’a pas dû être facile de sortir tout ça, alors on pardonne que ça tourne parfois à l’auto-analyse. Tout est centré sur son ressenti au détriment des autres personnages qui sont plus que secondaires, mais elle va au bout de son propos. Son écriture, faite de très longues phrases reste vivante car elle est calquée sur un débit oral.

Si on a par moments l’impression que ça tourne en rond, son honnêteté avec elle-même et avec son sujet rend le tout intéressant et son écriture peu classique est plutôt audacieuse.

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