mardi 12 janvier 2010

Coco Chanel et Igor Stravinsky

Ou la tiède rencontre entre deux grands artistes au sommet de leur art.

1914 est l’année où Stravinsky présente son avant-gardiste « Sacre du Printemps » au théâtre des Champs-Elysées ; les gradins vibrent de la colère des spectateurs qui n’adhèrent pas à cette musique d’un nouveau genre. Au milieu du tumulte, une femme, altière et élégantissime semble sous le charme… c’est Coco Chanel qui est conquise par la force des accords et la beauté de la chorégraphie signée Nijinsky.
Quelques années plus tard, les deux artistes sont présentés lors d’une soirée ; Coco Chanel, grande admiratrice du travail du compositeur, se propose d’être son mécène et l’invite à écrire sa musique au vert. Il pose ses valises avec femme et enfants dans cette grande demeure décorée en noir et blanc, marque de fabrique de la maison Chanel qui jouit d’une grande renommée. Aux côtés de Stravinsky, son épouse Katia, une russe à la peau diaphane et à la santé fragile, se sent très vite menacée par la beauté vénéneuse de Coco. Entre les deux artistes, l’attirance est trop forte et le père de famille cède bien vite aux avances de la belle artiste qui le prend dans ses filets.

Le sujet est très séduisant et pourtant le film l’est beaucoup moins. Les deux acteurs semblent vivre les situations avec une distance qui me semble inappropriée pour donner l’illusion d’une passion voire d’une histoire d’amour. Ils évoluent dans les décors comme s’ils déambulaient sur des tapis roulants, sans aucune vibration pour venir habiter leurs corps de pantins. En toile de fond, quelques anecdotes sur le travail de Coco qui semble rattacher l’histoire à une réalité historique ; ces instants nous sauvent de la sensation d’étouffement et nous montrant la créatrice comme une femme indépendante, fière et exigeante. Ce sont ces facettes de sa personnalité qui attirent le compositeur mais qui le font souffrir aussi, c’est aussi le seul moyen qu’a trouvé le réalisateur pour nous faire pénétrer un peu dans l’intériorité de son personnage. Mais ce n’est pas suffisant, on a le sentiment de rester en surface, de regarder une photo et ce ne sont pas les dialogues quasi-inexistants qui risqueraient de distiller une quelconque émotion.

Un vrai manque de vibrato pour ce film, c’est dommage…


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