lundi 22 juillet 2013

Ainsi se tut Zarathoustra, de Nicolas Wild 10/10

 
La BD s’ouvre sur le procès du meurtrier présumé de Cyrus Yazdani, un iranien réfugié en suisse. Fervent adepte du zoroastrisme (une des plus anciennes religions monothéiste dont on connaît surtout le prophète Zarathoustra grâce à nos cours de philo…) et défenseur des libertés, il savait s’entourer d’intellectuels et artistes en tous genres. Mais ses idéaux et opinions avant-gardistes n’étaient pas toujours au goût des forces politiques au pouvoir en Iran.
Sa fille Sophia, entourée d’un groupe d’amis et notamment du narrateur de l’histoire, se rend en Iran sur les traces de Cyrus, pour assister à l’inauguration du centre culturel qu’il avait fondé. La petite troupe nous sert de guide pour découvrir un pays où l’on croise tour à tour des réfugiés afghans qui rêvent d’Europe, des personnages hauts en couleurs dissidents du régime en place, des artistes avides de liberté d’expression…
Nicolas Wild nous sert avec brio une BD captivante, à mi-chemin entre road-movie à la Guy Delisle avec la même pointe d’humour dosée juste comme il faut et  Persépolis de Marjane Satrapi. On rit, on s’instruit et on dévore les 220 pages. A lire ou à offrir !
Blog à suivre bien que pas très actualisé  http://nicolaswild.blog.lemonde.fr/

samedi 20 juillet 2013

L’Etranger, de Jacques Ferrandez, adapté du roman de Camus 6/10

 

Lorsque Meursault apprend le décès de sa mère qu’il avait placée dans un asile pour y finir sa vie, il enfile le brassard noir de circonstances et prend un car pour se rendre aux funérailles. Terrassé par la chaleur plus que par le chagrin, les sentiments semblent glisser sur lui. A son retour, il retrouve une amie avec qui il noue une relation. Elle éprouve des sentiments pour lui qui reste distant mais accepte de l’épouser, car tout lui est égal se plaît-il à répéter. Il se laisse porter par la vie, sans jamais sembler animé par des sentiments. Seul son corps et la chaleur lui dictent certaines de ses actions. Comme le meurtre qu’il va commettre sur un arabe sans raison apparente et qui va marquer le début de son procès.

Les illustrations sont très belles et les pages vibrent des couleurs chaudes de l’Algérie et de son atmosphère. Je n’ai pas lu le roman de Camus alors il m’est difficile de comparer cette version avec l’originale ; cependant je n’ai pas accroché avec ce personnage qui semble étranger à sa propre vie, vide et dépourvu de sentiments. En revanche, ce qui est intéressant c’est de suivre le déroulement de son procès qui condamne plus Meursault en tant qu’homme et sa façon de remettre en cause tous les piliers de la société que le meurtre qu’il a commis sur un arabe. A lire quand même, surtout pour les amateurs de Camus et en particulier de ce roman, car d'après les articles que j'ai pu glaner sur internet, l’adaptation semble bien réussie. C’est plutôt le sujet qui m’a un peu filé entre les doigts…




mardi 16 juillet 2013

Province Attitude – Mode d’emploi de Astrid Thomine-Desmazures 5/10

Astrid est parisienne jusqu’au bout des ongles et freine des quatre fers quand son Jean-Pierre de mari veut lui faire découvrir la vie en province. Qui n’a pas rêvé d’échapper au péage de St Arnoult le dimanche soir ? De quitter son F2 pour un pavillon ? De passer ses dimanches sur la plage tout en ayant la possibilité de rallier Paris en deux heures de train ? De passer son temps avec ses chers petits anges ? D’avoir un mari qui rentre à 18h30 tous les soirs ? Devant tant d’arguments, Astrid flanche et commence ses cartons. La maison de rêve est en fait un pavillon en meulière sombre et tapissé de fleurs et ses nouvelles « copines » portent des mocassins plats, des jupes-culottes et ne sortent jamais sans leur ribambelle d’enfants (au moins 4 !). Entre les 8 trajets par jour pour déposer les enfants à l’école, le ménage, les ateliers créatifs, les cafés entre « nénettes », les discussions sur le sermon du dimanche et les clubs de lecture entre mères pondeuses-bourgeoises-catholiques-au foyer, Astrid est loin d’y trouver son compte.

Bien plus qu’un roman c’est plutôt un guide pratique à l’usage des parisiennes qui seraient tentées par un changement de décor. Astrid Thomine-Desmazures pose un regard critique et acerbe sur cette vie tant idéalisée où tout n’est pas si rose. Elle en vient presque à regretter les bouchons sur le périph et sa carte Navigo. Pour celles qui ont franchi le cap de la province et dont je fais partie, c’est assez bien vu et elles se retrouveront dans ce livre ; mais ça reste un guide qui décrit en surface une micro-société-bien-pensante alors que ça aurait plus avoir plus de poids en rentrant vraiment dans le vif du sujet. On l’oublie aussi vite qu’on le lit mais on rit, et c’est déjà pas mal ! 


Le blog est un peu périmé parce que pas actualisé depuis 1 an mais ça permet d'avoir un petit aperçu du ton décapent de l'auteure... et puis j'aime bien l'idée de ces filles qui écrivent leur blog dans leur coin et qui se retrouvent avec un bouquin à la Fnac...la classe !

lundi 17 juin 2013

Profanes, de Jeanne Benameur 5/10

Octave Lassalle est un ancien chirurgien qui vit seul, hanté par la mort de sa fille ; ce jour là, il aurait pu la sauver dans son bloc,  mais sa main d’habitude si sûre a failli. Sa femme ne lui a jamais pardonné son hésitation et a quitté le pays, le laissant seul avec ses remords. Arrivé au crépuscule de sa vie, il décide de s’entourer de 4 personnes qui se relaient à ses côtés pour l’accompagner au quotidien, jour et nuit. Ces trois femmes et cet homme souffrent eux aussi de blessures anciennes qui les engluent dans le passé. Ensemble et jour après jour, ces âmes meurtries retrouvent un second souffle et le vieil homme, dans un dernier élan de vie, parvient enfin à se tourner vers l’avenir.

L’écriture est belle, d’ailleurs  on ne peut pas s’attendre à autre chose de la part d’un roman publié chez Actes Sud. Mais pour je ne sais quelle obscure raison, j’ai peiné à lire ce roman (en témoigne la date de mon dernier post publié il y a un mois !). Tout est lenteur et suggestion, souvenirs et flous artistiques…  ça a glissé sur moi, il ne m’en reste rien d’autre qu’une impression d’être restée sur ma faim, je ne peux pas en dire plus…


mercredi 15 mai 2013

Cinquante nuances plus claire, El James 2/10

Anastasia et Christian ont échangé leurs voeux de bonheur et s'adonnent à leur activité favorite dans les endroits les plus fous et fastueux... Malgré leurs difficultés qui refont surface de temps à autre et un Christian plus qu'échaudé par une petite enfance traumatisante, les deux tourtereaux roucoulent sous le soleil. Mais c'est sans compter sur la malveillance d'un ennemi commun qui veut la ruine de Christian et la souffrance d'Ana. Des courses poursuites effrénées aux ébats amoureux des jeunes mariés , EL James met le paquet pour tenter d'innover dans le dernier opus de cette saga érotique.

Et pourtant...la mayonnaise ne prend pas car toutes les situations sentent le déja vu et la redite, jusqu'à la tournure des phrases. On a bien compris qu'Ana ne résiste pas à la beauté de son mari et qu'elle adore quand il porte sa chemise en lin blanche... on a bien enregistré aussi que Christian craque quand Ana se mord la lèvre... bon et puis quoi? c'est poussif, répétitif, caricatural, et l'intrigue est quasi inexistante. Bref, il aurait fallu arrêter l'expérience au premier livre qui permet aux novices de ce type de littérature de faire une découverte plutôt surprenante. Mais les deux tomes suivants laissent place à l'agacement devant tant de vacuité. Et puis le plus énervant... c'est qu'on a quand même envie d'aller au bout... juste pour voir...

lundi 6 mai 2013

L’île des oubliés, de Victoria Hislop 7/10



Alexis est une étudiante Anglaise en proie à des questionnements sur le sens qu’elle veut donner à sa vie ; face au mutisme de sa mère, elle sent le besoin impérieux de partir en Crête sur la trace de ses ancêtres pour faire parler sa terre natale …
Elle débarque alors dans le village natal de ses grands-parents et rencontre ceux qui ont compté dans leur vie ; sur une terrasse à l’ombre des arbres, Alexis découvre l’histoire de sa famille et le quotidien de Spinalonga, une petite île aujourd’hui vidée de ses habitants et accessible en bateau, où le gouvernement exilait les lépreux au milieu du siècle dernier. A quelques miles de leurs proches, ces condamnés à mort reconstruisaient leur vie, et bâtissaient une vraie communauté de vie avec ses règles et sa hiérarchie, pour vivre pleinement le temps qu’il leur restait.

C’est une belle saga familiale qui nous plonge au cœur de la vie insulaire en Crête avec son soleil de plomb, ses olives, sa peur de l’inconnu, ses manigances et ses destins croisés… et la lèpre qui plane au dessus de chacun des habitants comme une menace qui fragilise l’équilibre sociétal qu’ils ont établi. L’écriture est agréable à lire, l’auteur nous propose un juste dosage entre le romanesque et l’historique, agrémenté de belles descriptions de la vie locale qui donnent des envies d’évasion. Bref, ça vaut le détour !

jeudi 25 avril 2013

Gilles Rochier, à suivre

Juste pour info et à destination principalement des lyonnais, j'ai vu sur le magazine du Grand Lyon qu'il y avait un auteur de BD à suivre...

Gilles Rochier est un dessinateur qui a visiblement le vent en poupe; après avoir décroché le prix Révélation au festival d'Angoulême pour sa BD "Ta mère la pute", il est actuellement en résidence dans un espace culturel de Villeurbanne, banlieue lyonnaise connue notamment pour son quartier des gratte-ciels qui date des années 30 environ. Gilles Rochier, qui est fasciné par les grands ensembles, s'inspire de l'architecture du quartier, de son ambiance et de ses habitants et nous livre en primeur quelques instantanés sur son blog. S'il n'a pas à mon sens beaucoup d'intérêt pour le moment, il donne envie d'en savoir plus sur cet auteur.

mardi 23 avril 2013

La famille, de Bastien Vivès 7/10

 
Une petite BD sympathique écrite par un jeune auteur de 28 ans qui aborde la thématique de la famille avec son lot de réjouissances : l'adolescence, la confrontation avec les adultes, les enfants qui perdent leur innocence et les parents qui refusent de les voir grandir. Le tout est abordé avec un ton pour le moins caustique, notamment les débordements des parents qui usent de mauvaise foi pour garder leur progéniture encore un peu sous leur aile protectrice.

C'est assez drôle et étonnant de découvrir Bastien Vivès dans ce registre si différent de la très belle BD "Polina" qui évoque avec sensibilité le parcours d'une danseuse classique.

Vous pouvez en découvrir un peu plus en allant sur son blog qui pour ma part m'a un peu déçue... en revanche, je vous recommande de découvrir ses BDs.

jeudi 28 mars 2013

Cinquante nuances plus sombres, de El James 3/10

A la fin du tome 1, Anastasia a laissé le bellâtre en plan, terrorisée par les sentiments qu'elle éprouve pour lui et l'emprise qu'il exerce sur elle.
Mais voila, la vie sans Christian est sans nuances, et son petit coeur chaviré lui rappelle à  chaque battement faiblard qu'elle ne vibre que pour un seul homme. Ils se retrouvent, remettent les pendules à l'heure et tombent éperdument amoureux ... mais la vie n'est pas si simple avec monsieur cinquante nuances et son passé opaque semble remonter à la surface, en emportant tout une foule d'emmerdes dans son sillage.

Oui oui je me suis laissée embarquer dans le 2e tome malgré tout le mal (mais aussi un peu le bien) que j'en avais pensé. Je n'étais pas tout à fait mécontente de retrouver ces personnages et d'en savoir un peu plus sur leur relation amoureuse. Et oui, dans ce tome, les sentiments sont bien présents et on tombe dans le roman à l'eau de rose, pimenté par des scènes relevées au tabasco. Mais ça sent la redite et le manque d'inspiration de l'auteur qui reprend les mêmes tournures de phrases à tout bout de champ. Alors on finit par lire en diagonale pour savoir comment ça se termine... Je suis sévère mais je me suis tout de même emparée du 3e tome car il faut bien aller au fond des choses non? Alors je saque ce 2e tome, en attendant le verdict du dernier qui relèvera peut être la moyenne générale!

lundi 4 mars 2013

A la lumière du crépuscule, de Jean Léonetti 8/10




En 2005, Jean Leonetti (cardiologue et député maire d'Antibes), planche sur un sujet pour le moins sensible : la loi sur le droit des malades et la fin de vie.
Pour écrire un texte qui colle au mieux aux besoins des malades en fin de parcours et de leurs familles, Jean Leonetti les a rencontrés et écoutés.

Avec pudeur et respect pour les patients, il a rassemblé des extraits de témoignages qu'il confronte à son point de vue de médecin. Il en tire une nécessité d'aider le patient et sa famille en leur offrant de beaux derniers instants de vie, et en atténuant au maximum la souffrance physique. Le patient est en droit de choisir l'arrêt de son traitement mais, contrairement à ce qui était pratiqué avant, les soins de confort doivent lui être administrés jusqu'à son dernier souffle. A travers ce livre et en écho au titre qu'il a choisi "A la lumière du crépuscule" l'attente de la mort est envisagée comme un moment de plus dans notre vie...

Un beau livre où l'on découvre des parcours très différents, et qui amène à réfléchir à ce sujet bien complexe...